L’inconnu

L’enfant se charge très tôt des programmes de ses parents et de son environnement par fidélité. Plus il grandit plus il formera une densité de croyances qu’il va utiliser pour manifester son existence. Il ne vivra que les schémas qu’il a capté et ce qu’il ne connaît pas déclenchera chez lui des peurs au point de rejeter l’inconnu et tout ce qu’il lui semble étranger. 

Alors son monde ne sera que du reflet de sa propre histoire. Il ne verra que par celle-là même qui se reproduit en permanence jusqu’à ce qu’il y ait le déclic intérieur engendré par un accident de la vie. 

Cette histoire va se transformer en expérience qui lui rappellera à chaque instant son passé. Il projettera dans son futur que ce qu’il lui revient à l’esprit en référence à ce qu’il a absorbé jadis, ne laissant aucune nouveauté pénétrer son monde. Faisant de toute nouvelle expérience l’exclusion même d’une éventuelle idée inimaginable. 

Ces expériences du passé sont maintenues dans le champ de la pensée telle une assurance, une protection, s’y accrochant pour ne rien lâcher, imaginant des stratégies de contrôle, revenant sans cesse comme un leitmotiv. <Son monde n’est branché que sur un savoir, ne laissant aucun espace à l’imprévu, il ne navigue dans un territoire branché sur le terrain jonché de « croyances » en permanence, niant toute possibilité d’autre opportunité et d’autre potentialité qui échappent à son entendement. Il est hors présent et présence, avec pour seul ami un ego/mental très affuté.

Il ne vivra que de regrets et de frustrations, voulant autre chose que ce qu’il se donne. Pourtant à l’entendre, il veut du nouveau, il veut que cela change, mais ses mécanismes sont branchés sur l’onde opposée. Le paradoxe même de son existence. Il ne peut créer, malheureusement, qu’à partir de ses limites connues mais projette, cependant, en permanence un éventuel changement qu’il ne peut malheureusement manifester dans un futur qui n’existera jamais. C’est cela même qui lui donnera ces constants yoyos issus de la lutte que génèrent ces états jusqu’à ce qu’il lâche enfin, se résigne, abandonne la volonté, le désir d’un monde meilleur que celui qu’il explore dans l’instant. 

Vouloir un changement c’est renier et rejeter ce qui est déjà là. C’est refuser toute proposition de ce qui la Vie même derrière toute manifestation et expérience que chacun vit. Elle est partout dans tout ce qui jaillit et ce qui se goute à chaque instant. 

Ce n’est que lorsque le cœur s’ouvre (même s’il n’a en réalité jamais été fermé ) à ce qui est là que tout devient possible offrant à la vaine recherche d’une vie meilleure, la dissolution totale pour pénétrer le champ de l’évidence dans la reconnaissance de Soi au travers de ce qui s’invite dans l’ici et maintenant. .

Toutes ces expériences ramènent finalement à Soi-même. Ce mode de vécu est inhérent à l’expérimentation humaine. 


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