Le problème ne vient pas de l’argent

S’il y a un sujet sur lequel je peux disserter très longtemps c’est « le rapport à l’argent ». Etant née dans une famille aisée qui a subi des effondrements financiers, je peux dire que je portais en moi un bagage mémoriel qui me mettait en constante vigilance à ne jamais manquer financièrement. J’ai été durant une partie de ma vie dans une belle abondance, mais j’ai aussi essuyé de grosses pertes sur des investissements allant jusqu’à m’endetter.

Durant la dernière décennie qui a démarré par la fin d’un travail en entreprise, j’ai été invitée à plonger dans de grandes peurs d’insécurité jusqu’à vivre de grandes paniques. Il y a eu aussi ces années où mon activité d’accompagnement générait des revenues exponentiels jamais atteints auparavant, jusqu’à ce que je vive cet effondrement structurels il y a deux ans qui m’a conduite à toucher le font.

Ma plus grosse peur était ce manque, ce vide de tout argent. C’était ma faille, la racine même de mes peurs. Comme si j’allais mourir et disparaitre. Cela m’a poussé à de telles angoisses en permanence que j’en étais arrivée à m’épuiser et à vouloir mourir finalement. La peur de ce vide qu’engendrait la pénurie d’argent me mettait dans des états de terreur et d’effroi à couper le souffle. La vie avait poussée l’expérience très loin pour se reconnaitre. J’ai fini par me résigner et réaliser que le personnage qui guidait ma vie n’avait aucun pouvoir sur ce qui ce vivait là dans le corps, et que tout cela n’avait plus aucune importance finalement. Le corps a fini par lâcher les émotions retenues en passant quotidiennement par de longues vagues de flots de larmes. Ce n’était pas l’argent qui était en cause, finalement, c’était toutes les identifications à l’argent que je croyais réelles issues de faillites familiales et le manque de ressources à mon adolescence qui ont été mises en éclairage.

Cette période, que j’ai maudite à plusieurs reprises, a été pour moi la plus belle que j’ai expérimentée car grâce à cette traversée j’ai rencontré la liberté, la paix et la découverte de ce que je Suis. Avais je la possibilité de me sortir de cette situation? Non!! j’en étais incapable. Il y avait comme une inertie dont il m’était impossible de m’extraire, seule l’appel à rester là à vivre l’expérience jusqu’au bout. Tout mouvement pour sortir de là me mettait dans un état de souffrance intense. Je ne l’ai réalisé qu’après. C’était là pour me révéler à moi-même.

L’aurais je fais si j’étais restée dans mon « train train » de vie en me maintenant dans la sécurité comme beaucoup de personnes, dans un travail très rémunérateur qui ne me convenait plus? S’accrocher à un job qui ne nous donne pas de plaisir et de joie n’a pas de sens si ce n’est en souffrir. C’est ce décalage entre la vie qui veut explorer autre chose et ce qui retient la personne par peur de se retrouver dans une situation précaire. Et si cette précarité justement était la porte à l’abandon à Soi? Et si ce plongeon dans le vide était la solution à tous les maux? Et si ce chemin est justement ce qui conduit à se révéler entièrement?

Je ne dis pas qu’il faut vivre la précarité, parce que seule la vie nous y conduit par expérience, et il en dépend de nous à s’abandonner à elle. Nous n’avons aucun pouvoir sur ce qui nous est proposé de vivre contrairement à ce que nous croyons. Mais comme on dit « sortir de sa zone de confort » c’est écouter son coeur et suivre l’appel quand il est là. La vie ne fait que nous pousser à revenir vers l’intérieur. Plus on touche le manque plus on découvre la richesse. Le paradoxe c’est qu’en restant dans le confort, en réalité c’est celui ci qui est inconfortable.

L’argent n’est pas la cause de notre situation, c’est notre perception de la Vie qui l’est. Elle est générée par ses propres mémoires qui induisent des croyances engrammées en Soi. Quand vous plongez en vous-mêmes et que vous les observez, vous verrez que rien de tout cela n’existe en réalité, c’est juste des limitations, des programmes qui maintiennent dans des peurs illusoires.

Lorsque vous vous sentez pris dans une vague d’émotions et de peurs, ne fuyez pas à la recherche d’une solution ou à vous échapper dans une activité qui occupe l’esprit, laisser juste se vivre ce qui émerge là. La solution est dans le corps. Plus vous pointez l’attention vers la vague sans émettre d’intention de changement plus la dissolution s’opèrera. C’est dans l’accueil total de ce qui se vit dans l’instant que le changement prendra forme.

Ecouter juste ce qui émane de Soi et se laisser porter par la Vague qui vous porte. Le naufrage c’est quand il y a résistance, alors que la douceur c’est se laisser bercer par l’Etre. L’écoute de Soi n’est pas d’écouter ses désirs ou ses volontés, c’est une écoute profonde qui jaillit du coeur comme une évidence.

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