Nouveau chemin de création

Comme je l’ai écrit sur ici il y a quelque temps, je me suis retrouvée un long moment durant tout ce passage de retournement de la conscience dans un état de solitude, seule avec moi-même, où toute vie sociale, toute création, toute idée, toute vision étaient obstruées par cette traversée et le plongeon dans un champ vide de non-mouvement. Comme entre deux rives, je n’arrivais plus à fonctionner comme l’ancien n’étant plus branchée sur les vieux mécanismes inexistants (changement des réseaux neuronaux) alors que la nouvelle forme n’était pas encore active ce qui a engendré parfois quelques frustrations et culpabilités. 

Petit à petit, les choses se sont remises en mouvement, avec au début des idées et des informations un peu disparates jusqu’à ce que la conscience d’Etre reliée au collectif soit plus éclairée. Si au début il y a eu des questionnements sur la mise en œuvre, tout a fini par se dissoudre dans ce grand silence qui a pris toute son amplitude depuis. Les croyances habituelles sur la façon de mettre en action les projets a changé intérieurement ne laissant qu’une guidance exister dans un focus uniquement de l’instant. 

Lorsqu’on redécouvre cette pure conscience se prenant au Jeu, au lieu d’Etre le « Je », la notion de projets disparaît totalement pour ne laisser la place qu’à ce qui est là se dérouler sans but précis si ce n’est celui de vivre pleinement la joie de délecter de ces instants sans rechercher à réussir ou à gagner quoique ce soit. L’évidence que cela se fait tout simplement est tellement ancré en Soi que le reste n’a plus aucune importance. Tout se vit dans ce jaillissement permanent de ce qui prend forme. 

Au fur et à mesure des semaines qui suivirent tout s’est mis doucement en place dans une fluidité de façon inattendue sans anticipation, juste à l’écoute de l’envie de l’instant. Je ne m’en étais pas rendu compte tout de suite que les pas me guidaient chaque jour vers la réalisations de ces idées de projets. Chaque instant vécut dans une journée me plaçait dans leur construction sans aucune intention prévisible ou anticipée. Elle est là la magie !!!!

Les programmes freinants toutes les avancées n’émettant plus et l’expérience enfin terminée, tout pouvait se mettre en place dans la confiance totale et une foi imperturbable renforcées au fil du temps, menant à la certitude que cela ne peut se vivre qu’ainsi dans l’écoute de ce qui impulse là maintenant. Il n’y a plus d’interférence dans le champ, libre à toute manifestation et peu importe qu’elle soit positive ou négative. 

Ceci pour dire que la manière de créer a bien évolué ici. On n’a plus à mettre en place diverses stratégies ou méthodes dans le but d’arriver quelque part ou réussir absolument la mission, même si c’est aussi ok de continuer à fonctionner ainsi. Ici on se place dans l’expérience directe du jeu. Créer dans ce plaisir, un appel aux tâches dans l’amour de les réaliser sans objectif ni but de résultat. On se pose dans le plaisir d’être dans l’action et dans l’amour de faire l’ouvrage sans questionnement. 

C’est justement parce que nous vivons sans projet que les projets se réalisent. Tout un paradoxe.

Comme tout apparaît dans ce seul instant qui existe, le programme ne comporte que ce qui se passe là maintenant. La vie se teinte de chaque mouvement, chaque couleur, chaque Son dans ce seul moment qui s’articule dès que vous ouvrez les yeux au réveil le matin. Ce qui me vient c’est que tout se matérialise et se dématérialise à chaque seconde, ce qui reste est cette éternité en arrière plan, ce socle d’ou émerge toute vie. Tout commence et tout se termine dans le seul instant qui se déploie sous nos yeux lorsqu’il n’y a plus de prise sur le vécu. 

Je n’apprends rien ici, c’est juste que le mécanisme de projection future ayant disparue du champs de l’expérience, la vie guide elle-même le chemin sans interférence du mental qui avait pour habitude de tout régenter avec ses idées anciennes, laissant toute nouveauté prendre forme menant vers la réalisation de merveilleuses créations.

La création dans l’écoute de l’élan qui jaillit du cœur au lieu de la projection de faire dans la peur conditionnée et l’insécurité. Il y a cette sensation de détente si paisible qui a pris la place de ces perpétuels inconforts que l’inquiétude génère. Même si parfois quelques remouds resurgissent, ils ne tardent jamais dans le champ balayés très vite dans cet accueil bienveillant de la pure conscience révélée.

Elle est toujours là, présente, imperturbable. Elle émet en profondeur dans ce silence.


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